Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /Déc /2009 12:57
C'est au Mt Cook en Nouvelle Zélande que tout a commencé. Après une bonne rando, Aurélien et moi étions assis dans un café face à ce magnifique sommet et la discussion allant nous nous sommes lancé comme défit de gravir l'Aconcagua.
Par Christian
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 11:47
L'Aconcagua, point culminant de la cordillère des Andes surnommé le « colosse de l'Amérique », est situé en Argentine, à treize kilomètres de la frontière chilienne. Il s'élève à une altitude de 6 962 mètres et domine un vaste parc provincial protégeant des espèces animales typiques de la cordillère, en particulier le condor des Andes et le guanaco, ainsi qu'une végétation rare et fragile.
Par Christian - Publié dans : Informations
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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /Déc /2009 20:19
Une consultation de Médecine de Montagne est disponible à Bobigny, autour des tests à l'hypoxie, développés par l'A.R.P.E., pour un meilleur dépistage des contre-indications à un séjour en haute altitude, et pour des conseils aux trekkeurs et alpinistes (hôpital Avicenne: tel :01 48 95 58 32).
J'ai rendez-vous le 17 décembre 2009 pour faire le point sur tout ça.
J'ai donc réalisé ce matin un test de sensibilité à l'hypoxie, au repos et à l'effort sur ergocycle. La désaturation à l'hypoxie lors du test est équivalente à 4800m.
De bons résultats et donc aucune contre indication à la haute altitude. Ce test est valable 10 ans.

Très bien accueillis par les médecins qui sont à l’écoute et donnent d’excellentes explications tant sur le test que sur le mal aigu des montagnes et les performances physiques en altitude. Un petit fascicule très bien fait est disponible à la fin du test moyennant 4 euros, il vaut largement la peine.

A la fin du test nous est remis une fiche de renseignements à remplir et à renvoyer au retour de l’expédition. Sur cette fiche il faut noter chaque jour divers renseignements (date, altitude du matin, activités, altitude maximale, symptômes, traitement…).
Je retiendrais finalement « Chi va piano va sano; chi va sano va lontano ... » 
Par Christian
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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /Déc /2009 20:28
Pour tout ce qui est matériel nous nous fournirons Au Vieux Campeur où l'on trouve tout ce dont on a besoin. Matériel et conseils avisés.

Par Christian
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 23:06
A Eric pour m'avoir donné l'idée de ce blog.
"Au Vieux Campeur" pour leur aide dans ce projet, la rapidité avec laquelle ils ont traité notre dossier. Vous cherchez de vrais pros allez y les yeux fermés.
Aux médecins du Service Physiologique, Explorations Fonctionnelles et Médecine du Sport de l'Hôpital AVICENNE.
Par Christian
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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /Déc /2009 22:06
Aucune contre-indication médicale, les magasins "Au Vieux Campeur" qui nous aident, encore quelques formalités à régler mais pour le moment tout semble bien se présenter pour ma première ascension au delà des 4000m à savoir le Kilimandjaro. 
Départ le 08 janvier, retour le 17 janvier!!!

Données géographiques
Le Kilimandjaro ou Kilimanjaro est une montagne située au nord-est de la Tanzanie et composée de trois volcans éteints : le Shira à l'ouest, culminant à 3 962 mètres d'altitude, le Mawenzi à l'est, s'élevant à 5 149 mètres d'altitude, et le Kibo, le plus récent géologiquement, situé entre les deux autres et dont le pic Uhuru à 5 895 mètres d'altitude constitue le point culminant de l'Afrique.


Prépartion
Je fais du sport depuis toujours et j'ai pratiqué l'athlétisme à haut niveau pendant des années. Depuis quelques temps (boulot oblige) je n'arrive pas à être régulier dans un seul sport et me suis diversifié (athlétisme, vélo, natation, escalade, capoeira....). Je fais du sport environ 4 jours par semaine et parfois plusieurs activités dans la même journée.
Je me suis mis un mois avant le départ à faire de la musculation plus spécifique des jambes, de la sangle abdominale et du dos. N'ayant pas prévu d'être libre à cette période de l'année pour effectuer cette ascension la préparation spécifique est courte mais je ferais mieux pour la suite. 
Lorsque je pars pour une semaine de ski je me prépare spécifiquement avant et j'ai bien noté la différence avec les années où je ne faisais rien de particulier, on verra ce que cela donne sur le Kilimandjaro.   


Matériel

Sac Expédition 90L (ça suffit, mais ce sera un peu juste pour les prochaines fois avec piolet, crampons, coques..)
Sac à dos de 38L pour les affaires de la journée (bien suffisant)
Sac étanche pour mettre à l'intérieur du sac expé (je m'en suis servi comme sac de compression pour les vêtements) sinon prévoir des sacs poubelle
Sac de couchage -20°C/-30°C (bien suffisant)
Drap fibres pour mettre à l'intérieur du sac de couchage
Matelas autogonflant pour améliorer le confort même si des matelas étaient fournis, ils étaient cependant humides, cela évite donc de mouiller le sac de couchage
Tour de cou,  Buff
Bonnet
Chapeau
Lunettes
Gants
Veste Gore Tex
Softshell
Micropolaires et sous vêtements techniques
Surpantalon Gore Tex
Pantalon de montagne
Pantalon de randonnée
Collants (en prévoir un chaud pour le sommet, on marche lentement et il est difficile de se réchauffer)
Chaussures de randonnée
Chaussures basses petite randonnée (elles auraient pu rester à l'hôtel car je ne m'en suis jamais servi)
Chaussettes

Lampe frontale
Guêtres
Bâtons de marche
Gourdes, Camel back (attention, l'embout du Camel avait gelé au sommet, prévoir la gourde en secours)
Trousse de toilette
Pharmacie (antalgique, malarone, collyre, vitamine C, nécessaire de soin pour les pieds, crème solaire, anti-moustique, anti-diarrhéique et antiseptique intestinal, antibiotique à large spectre, antiseptique mains, anti moustiques).
Aquatabs pour purifier l’eau.
Fruits secs, barres énergétiques, (des gels énergétiques feraient mieux l'affaire car ils s'avalent plus rapidement , mâcher et marcher ça essoufle!!)...
Cordelette (pour faire sécher les affaires...), couteau…

Le récit  

08 janvier 2010 : Vol Paris / Nairobi

Les sacs sont prêts, train et RER pour se rendre à l'aéroport Roissy CDG où m'attends une personne de l'agence Nomade-Aventure les tickets d'embarquement en main, je n'ai plus qu'à enregistrer mes bagages. Je rencontre alors P et R deux montagnards, possédant une belle expérience dans de nombreux domaines. Les mots qui attisent ma curiosité sont, ski de randonnée, dénivelé, plongée, parapente, parachutisme, voyages......tout semble bien parti!!!
Décollage avec du retard à cause des intempéries, j'ai n’ai pas très bien dormi pendant le vol.

 

09 janvier 2010 : Arrivée à Nairobi

Nous arrivons à Nairobi où nous rencontrons A, V et AH au passage de la douane. Le transfert vers Arusha se fait en minibus sous la pluie. Les routes sont inondées au pays des coureurs à pied!! Je suis surpris de voir des Masaï en tenue traditionnelle, à pied et en vélo sur les routes, je pensais qu'il fallait s'enfoncer dans la savane pour les rencontrer.
Après 6 h de route nous arrivons dans un hôtel très sympa d'Arusha où nous rencontrons B et N ainsi que le guide Ab. L'équipe est donc au complet, nous sommes donc 8, d'horizons divers, professions variées mais tous habités par l'amour du voyage de la découverte et de l'activité physique. Ce panachage de personnes avec un objectif commun « réussir l'ascension du Kilimandjaro » me plait.  
Briefing pour le trek, vérification du matériel et questions diverses, tout se passe bien.
Marcher Polé Polé (doucement), boire, manger et se reposer, voici ce que nous retiendrons.
Le guide parle un très bon français mais semble timide à s'exprimer dans cette langue. Il parle également un excellent anglais.
Je me presse d’aller manger pour être au plus vite au lit. Je partage la chambre comme les jours suivant la tente avec A.   

10 janvier 2010 : Machame Camp (3000m)

Rencontre avec l'équipe de porteurs, les guides et cuisiniers, Nous serons donc 8 marcheurs, 24 porteurs, 2 cuisiniers, 3 guides et 1 chef guide. Cela fait tout de même pas mal de monde mais pour porter tentes, sacs,  nourriture pour tous et pour plusieurs jours, il faut bien ça. Départ pour l'entrée du parc du Kilimandjaro situé à 1 800 m d’altitude, au sud-ouest de Moshi au-dessus du village de Machame. Petite halte dans un « supermarché »  pour les courses.
Nous remplissons les formalités administratives à l'entrée du parc et sommes surpris avec P et R de voir des marcheurs qui n'ont pas trop « l'allure » pour se lancer sur le Kili. Le mot « allure » n’est peut être pas bien choisi, je veux par ce terme, parler de personnes mal équipées où ne semblant pas très sportives. Ce même jour et les jours suivants nous en verrons redescendre sans avoir même pu tenter l’ascension finale. Il y a beaucoup de monde car différents groupes prennent le départ le même jour.
Les porteurs se répartissent les charges et passent à la pesée, pas plus de 20kg par porteur.
Rando dans la forêt tropicale accompagnés du guide et fréquemment doublés par les porteurs, portant les sacs, tentes, bonbonnes de gaz sur la tête ou contre la nuque. Le temps est gris et nous aurons à mettre les ponchos et guêtres après le repas.
Grande surprise que ce repas. Je m'attendais à un sandwich, et au détour d'un virage nous arrivons sur les porteurs qui avaient dressé une table de camping avec des chaises. De l'autre côté du chemin un autre groupe dans les mêmes conditions de confort, ce qui me surprend ici est en fait la norme.
La marche reprend toujours polé polé, même si l'allure est très lente par rapport à l'allure avec laquelle je marche généralement, je ne veux surtout pas forcer, m'essouffler et risquer de le payer plus tard. J'ai d'ailleurs essayé de tout faire au ralenti pendant ces jours de marche.
Nous arrivons au camp, déjà monté et après une vivifiante petite toilette, nous profitons tous ensemble d'un bon repas.
Les moments de repas auront été l'occasion de se découvrir et de profiter des expériences de chacun. Ab le guide, inquiet de notre état de santé, nous incitera régulièrement à manger et à boire.       

Aujourd'hui, 5h20 de marche, dénivelé + 1200 mètres, 16km, nuit sous tente

 

11 janvier 2010 : Shira (3850m)

J'ai moyennement bien dormi, mais n'ai cependant eu aucun problème pour trouver mon sommeil les autres nuits, la récupération est importante et je suis content de n'avoir pas eu à tourner et retourner dans mon sac de couchage.
Petit déjeuner avec crêpes et pain de mie et départ pour une autre journée. Le paysage change avec l’apparition des premières fougères géantes et des séneçons. Le temps est couvert et nous empêche malheureusement de voir les sommets.
Arrivé à Shira, notre camp n'est pas encore en place, nous avons apparemment marché rapidement et sommes arrivés avant les porteurs, ils en sont surpris.

Aujourd'hui 4h30 de marche, dénivelé + 850 mètres, 11km, nuit sous tente 

 

12 janvier 2010 : Barranco Camp (3950m)

Journée d’acclimatation pour s’approcher de la base du Kibo. Nous partons lentement dans ce désert d'altitude rocailleux et devons aujourd'hui monter jusqu'à 4600m à Lava Tower, puis redescendre à 3800m jusqu'à Barranco Hut. Les porteurs bifurquent avant d'arriver au sommet, nous avons convenu avec eux la veille pour qu'ils ne montent pas aussi haut juste pour nous préparer un repas, nous mangerons donc plus tard.  Vers 4400m je commence à ressentir un léger mal de tête, je ralenti donc le pas et marche au rythme de ma tête!! Je m’aperçois que lorsque j'accélère la douleur se fait plus forte que lorsque je marche lentement. Arrivé à 4600m je discute avec P qui ressent également un mal de crane. Nous entamons une descente rapide et je suis bien content d'avoir des bâtons de marche, on gagne apparemment 15% à la montée et 30% d'amorti à la descente,
Nous mangeons vers 15h00, tout le monde se porte bien sauf P qui nous inquiète, peu d'appétit, il n’a pas très bonne mine. Un peu de paracétamol et nous sommes heureux de le voir en pleine forme après une sieste.
Je prends également 1g de paracétamol, ce qui me soulage bien.  

Aujourd'hui, 7h00 de marche, dénivelé + 750 mètres / - 650 mètres, 11km, nuit sous tente

 

13 janvier 2010 : Barafu Camp (4600m)

Réveil en pleine forme, ce soir nous serons au camp de base, Barafu Hut à 4 600m. Nous partons vers 8h00 pour attaquer le Breakfast wall, un beau dénivelé nous attends, mais la vue est magnifique. Après 4h de marche nous sommes encore à 3800m après être monté et descendu un certain nombre de fois. Repas, où P et R juchés sur un gros rocher tentent de communiquer avec la France, P nous informe d'un -15°C au sommet.
Nous repartons l'après midi, R, P, N, B, AH, A, V, Ab et ma pomme, chacun à son rythme. V marche plus lentement mais ne fait pas de pauses elle nous double donc régulièrement, belle expérience des treks et des montagnes. R et N avancent à bonne allure.

Arrivés au camp l'excitation est palpable dans quelques heures nous attaquerons la dernière ascension. Je n'aurai aujourd'hui qu'un léger mal de tête, moins fort que la veille mais prendrais tout de même 1g de paracétamol arrivé au camp. P se retrouve dans la même situation que moi, A est fatigué, il a mal aux jambes, B, AH, V et R ne ressentent pas de mal particulier. Nous sommes inquiets de voir N  bien malade et affaiblit, il a vomi et nous espérons qu'un peu de repos lui fasse du bien. Les préparatifs arrivent, nous discutons sur ce que chacun prend pour l’ascension finale, gants, polaire, ou pas, combien de litres d’eau, et si le Camel back gèle……
Repos jusqu'à 17h00 après avoir signé un registre de passage comme à chaque camp, repas à 17h00, puis repos et réveil à 23h00 pour préparer les sac manger un morceau et attaquer la pente à 00h00.

Aujourd'hui, 7h de marche, dénivelé + 1000 mètres / - 350 m de dénivelé, 14km, nuit sous tente

 

14 janvier 2010 : UHURU PEAK (5895m) - BARAFU CAMP (4600m) - MWEKA CAMP (3100m)

Réveil à 23h00 je me sens en pleine forme, tout va bien, pas de mal de tête, ceci dit je ne m'emballe pas et décide de partir super Polé polé. Je suis derrière V qui s'inquiète de ralentir le groupe alors qu'elle nous donne l'allure de la sureté. N vomit dès les premiers mètres il est contraint de faire marche arrière suivi plus tard par AH qui vomit également. Le mal aigu des montagnes (MAM) frappe, ce qui me surprend c'est qu'ils se sentaient parfaitement bien jusque là.
Nous continuons notre progression avec des pas de la taille de mes pieds, l'allure au bout d'un moment m'est trop lente car je commence à avoir bien froid. V fait des pas de plus en plus petits. Nous partons alors avec J un autre guide P et R à une allure qui me convient mieux, j'ai tout de même froid aux jambes n'ayant peut être pas mis un collant suffisamment chaud. Je me concentre sur les pas de celui qui me précède et me retrouve ailleurs en train de ne penser à rien, enfin si à ma respiration et mes pas.
Nous sommes rattrapés par B qui a du faire un bel effort pour revenir. Les nouvelles de l'arrière nous indiquent que A et V éprouvent des difficultés, nous ne savons pas s'ils poursuivent ou font demi tours. Tout au long de l'ascension nous croisons des personnes qui abandonnent et redescendent.
Petite pause pour un besoin naturel et manger une barre de céréales, la prochaine fois je prendrais des gels énergétiques car de mâcher cela essouffle un peu. Je me sens très bien, le groupe repart un peu en avance sur moi et je fais quelques mètres à allure plus rapide pour revenir. P me demande comment je me sens, ce à quoi je réponds que tout va pour le mieux, en pleine forme. Je venais à peine de terminer ma phrase quand je commence à ressentir comme des pertes d'équilibre et des picotements aux jambes, une sorte de nausée aussi, comme lors d'une hypoglycémie. Je demande de suite à m'arrêter, pour récupérer. Nous sommes à 5600m et ressentons avec P et B un passage à vide, je pense l'avoir ressenti avec une plus forte amplitude. R nous dit se sentir fatigué mais il n'aura eu tout au long de ce séjour en montagne aucun signe du MAM.
Je prends donc du repos et mange en quantité avant de repartir en me forçant à respirer avec amplitude. Arrivé vers 5700m je commence à me sentir bien une nouvelle fois, j'ai entre temps pris 1g de paracétamol.
Stella point à 5800m, le soleil fait son apparition, c'est magnifique, même plus que magnifique, d'autant que nous sommes rejoints par A que nous pensions avoir fait demi tours. Aucune nouvelle de V. Quelques photos et nous repartons vers le sommet, le soleil me donne des ailes, j'accélère le pas et ne ressent ni fatigue ni mal de tête, tout va bien. Les 100 derniers mètres de dénivelé passent facilement, l'excitation d'arriver, cela dit je ne m’emballe pas car il est inutile de prendre des risques si prés du but, il vaut mieux rester prudent.
Avant d'atteindre le sommet je fais une pause et suis rejoint par R, P, et J. Nous finissons les quelques mètres ensembles.
Nous y sommes UHURU PEAK à 5895m, le toit de l'Afrique, de grandes accolades et les larmes aux yeux nous sommes tout simplement heureux d'être arrivé et d'avoir atteint notre objectif. Quelques instants plus tard B et A arrivent et nous en profitons pour la séance photos. Je remercie sans cesse J, si heureux d'être là, plus rien ne compte.
Nous entamons la redescente quand vers 5850m nous apercevons V qui arrive, tout le monde l’embrasse heureux de la voir ici et si fier d'elle, à son rythme elle atteint le sommet. Elle nous racontera son ascension plus tard lorsqu'elle s'est retrouvée à marcher toute seule. J était avec nous, Ab avec A pour le motiver afin qu’il n’abandonne pas et les autres guides étaient redescendus avec N et AH.
La descente, entre marche et course fait mal aux cuisses mais se passe bien. Nous aurons donc effectué les 1295m d'ascension en 7h20, il y avait 7km,
De retour au camp nous sommes accueillis par les félicitations du chef guide, au programme un peu de repos, le repas et descente vers Mweka camp.
A arrive dans la tente, et s’endort instantanément, je n’arriverais pas à fermer l’œil. Nous n’avons pas un grand appétit et nous lançons rapidement dans les pentes.
Arrivé au camp nous sommes heureux de retrouver N et AH mais si triste qu’ils n’aient pas atteint le sommet.
Repas pris au son des histoires de la journée et personne ne se fait prier pour s’endormir.

Quelle belle journée !!!!

 Aujourd’hui, 13h de marche, dénivelé + 1295 mètres / - 2795 mètres, 23km, nuit sous tente

 

15 janvier 2010 : Arusha

Tout le monde a bien dormi. Retour à Moshi par la voie Mweka.
Nous arrivons à l’entrée du parc pour signer le registre et après quelques discussions avec les vendeurs de souvenirs nous embarquons dans le minibus, direction Arusha avec un arret sur le parcours pour le déjeuner.
Arrivée à l’hôtel, débriefing et remise des diplômes certifiant la réussite de l’ascension du Kilimandjaro.

Nous irons nous promener en ville l’après midi avec P, R, A et AH et en profiterons pour acheter quelques souvenirs.
Repas tous ensembles à l’hôtel, le dernier, N et B partent le lendemain matin pour un safari.  

Aujourd’hui, 4 heures de marche, dénivelé - 1350 mètres, 14km, nuit à l'hôtel

 

16 janvier 2010 : Vol Nairobi / Paris

Nous avions comme information, un départ à 14h00 pour Nairobi, mais vers 8h00 nous sortons du lit avec célérité. En effet le bus nous attend !!!!! Quelques minutes plus tard un peu affolés et les sac à moitié fermés, nous sommes en route pour Nairobi.
Arrivée à l’aéroport où nous mettons de l’ordre dans nos sacs et nous préparons pour une longue attente.

 

17 janvier 2010 : Arrivée à Paris

Nous nous disons tous au revoir, ou plutôt à bientôt. Je pense déjà à ma prochaine escapade!!


Mes impressions 

Ce trek ne m’a pas paru difficile physiquement, je n’ai eu que quelques légères courbatures aux jambes le dernier jour après l’assaut final et la longue descente, la journée des 13h de marche. Nous avons marché très lentement ce qui a, à mon sens permis de s’économiser et d’éviter de ressentir une fatigue physique. J’ai de plus eu la chance de très bien dormir, j’étais généralement le premier à quitter le repas pour tomber dans les bras de Morphée, j’ai besoin de sommeil pour être en forme et ne veille donc pas tard. Une autre chose, je ne me suis jamais trouvé en manque flagrant d’appétit, notre guide veillait à ce que l’on mange bien n’est ce pas V ?

Le groupe était motivé, prêt à partager ses expériences et la bonne ambiance régnait, ça aide aussi.

Alors la question que l’on m’a souvent posé, c’est de savoir comment on se sent à presque 6000m d’altitude. Je dirais que l’on sent bien que l’air manque, et que l'on est rapidement essouflé, il faut donc vivre au ralenti, pour s'économiser, c’est valable pour toute la durée du trek. Nous avons toute la journée pour atteindre le camp suivant, alors pourquoi se presser ? Au contraire, il vaut mieux profiter du paysage, se concentrer sur sa respiration, qu’il est souhaitable de forcer un peu  pour mieux s’oxygéner (sans exagération non plus !!), boire régulièrement et plonger dans ses pensées, s’évader.  

Ce qui m’a inquiété tout au long de ce trek, ce fut donc le mal aigu des montagnes, la peur d’être malade de se sentir mal et de devoir abandonner. J’ai, comme écris précédemment eu parfois mal au crâne, je marchais donc à une allure lente avec une respiration forcée pour ne pas faire évoluer la douleur.

Petit conseil en passant, même si c’est couvert il faut mettre de la crème solaire, sinon coup de soleil sur la nuque et le nez !!!

Ce sommet sera donc mon premier haut sommet, et je n’ai qu’une envie c’est de repartir au plus vite. A peine rentré que j’étais déjà sur le net à prendre des renseignements sur des sommets à plus de 6000m.

C’était une belle expérience, du point de vue physique, physiologique, touristique mais surtout humain.      

  
Par Christian
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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /Déc /2009 23:20

Du 08 au 17 janvier 2010 :

Ascension du Kilimandjaro en Tanzanie par Christian.

 

Du 14 au 21 février 2010 :

            Ascension du Toubkal au Maroc par Aurélien.

 

Prévisions

Du 01 au 05 avril sortie dans les alpes.

Mai 2010 un sommet de plus de 6000m dans les Andes ou l’Himalaya.

Octobre 2010 un autre sommet de plus de 6000m dans les Andes ou l’Himalaya.

Janvier 2011 l’ascension de l’Aconcagua.

A voir pour la suite !!!!!

Par Christian
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 18:13
  Salut,

  Depuis l'ouverture de ce blog, je n'ai pas eu le temps de prendre la plume pour y mettre ma touche personnelle... c'est désormais chose faite !
L'envie d'ascension, et le désir d'exploration qui nous habitent ont, je pense, bien été résumé par Chris dans les précédents articles. Il s'agit concrètement d'un rêve de chaque instant, d'une motivation au quotidien, d'un entrainement hebdomadaire, d'un travail d'un an... de souvenirs pour toute une vie !
  En ce qui me concerne, je n'ai malheureusement pas pu me joindre à notre argentin préféré pour l'expé Kilimandjaro, d'où un petit goût d'amertume et de revanche persistant aujourd'hui. Les impératifs professionnels étant ce qu'ils sont, c-à-d souvent de dernière minute, j'ai choisi d'axer le début de ma préparation sur une ascension somme toute relativement modeste, à savoir celle du Toubkal. A près de 4200m, le toit de l'Atlas est intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord, il permet d'effectuer un trek sur une semaine, ce qui est très rare, la plupart exigeant généralement une vingtaine de jours, quel que soit le pays. Nous l'assimilerons alors plus à une course technique. D'autre part, il me permetttra de me familiariser avec la haute montagne en période hivernale, avec toutes ses implications: présence de neige et de glace, progression avec piolets et crampons, cordée éventuelle, etc... Enfin, cette ascension sera un mini-test pour évaluer mon état physiologique au-dessus de 4000m. J'ai bien conscience que ce n'est qu'un début, mais il me semble nécessaire de commencer par quelque chose d'accessible !
  Géographiquement parlant, le Toubkal se situe non loin d'llmil, ville située à deux heures de route de Marrakech. L'acclimatation sera progressive, puisque nous n'atteindrons le dernier refuge à 3500m que la veille de l'ascension, le 6e jour. Tout au long de notre trek, un guide marocain nous sera dévolu... il ne me reste plus qu'à espérer que l'ambiance au sein du groupe soit top, mais dans ce genre de voyage, je n'ai pas trop de doutes en la matière !
  Voilà, le départ est prévu pour le 14 Février, je n'aurai pas à le fêter, ça tombe plutôt bien... rendez-vous donc à mon retour pour un compte-rendu détaillé.

Aurélien.
Par Aurélien
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 19:04

Après avoir rencontré un Kilimandjaro sympathique mais couvert et un Toubkal bien capricieux, nous avons réussi à accorder nos violons pour prendre des vacances au même moment. C’est donc au mois de mai, du 02 au 23 que nous partons pour la Bolivie à la rencontre de l’Illimani et du Sajama.

Nous avons encore passé quelques heures dans les magasins « Au vieux campeur », continuons l’entraînement et commençons à nous remémorer toutes les techniques de corde nécessaires en alpinisme.

Données géographiques

Le Nevado Illimani est une montagne bolivienne situé dans la cordillère royale des Andes au sud-est de la ville de La Paz entre les provinces de Murillo et du Sud Yungas. Avec ses 6 402 mètres d'altitude, c'est un des plus hauts sommets de la Bolivie.

Le Nevado Sajama est le plus haut sommet de Bolivie. Ce volcan culmine à 6 542 m d'altitude près de la frontière chilienne.

Le récit

J 1 : Paris - Miami

Décollage dans la matinée avec la compagnie American Airlines, pas vraiment terrible !!! Nous arrivons au soleil à Miami vers 13h00 et décidons d’aller nous balader à Miami beach en attendant la correspondance prévue en soirée. Température élevée, humidité présente, longues plages et eau chaude.

 

J 2 : Miami - La Paz  

L’aéroport de La Paz est situé à 4100m. On peut dire que de passer du bord de mer à 4100m d’un coup n’est pas sans effets. L’essoufflement se fait ressentir presque au moindre effort. L’hôtel où nous passerons la nuit est, quant à lui, situé à 3700m au centre ville. Nous profitons de cette journée pour une visite de la ville et une petite balade dans « el valle de las animas » où nous grimpons jusqu’à 4200m pour admirer d'impressionnants tuyaux d'orgues et de fins pénitents de plusieurs dizaines de mètres de haut. La balade se fait à vive allure et arrivés au plus haut, tout le monde est d’accord pour dire que nous marchons trop vite, cette remarque sera entendue plusieurs fois au cours des jours suivants. 

2 h de marche

 

J 3 : La Paz - Tiwanaku – Copacabana (4000m)

Longue journée sur la route avec un premier arrêt à Tiwanaku pour une visite très intéressante de vestiges Incas. Centre de cérémonies construit il y a plus de 1000 ans Tiwanaku renferme de larges édifices aux blocs de pierres pesant parfois plus de 100 tonnes, ajustés comme ceux des monuments incas péruviens. Quelques arrêts pour admirer le lac Titicaca (8450km2), au bord duquel nous dormirons cette nuit.

Arrivée dans la petite bourgade de Copacabana, nous profitons des derniers rayons de soleil pour gravir une pente nous permettant d’avoir une vue magnifique sur le lac et la ville.

 

 

J 4 : Traversée de l’ile du soleil

Traversée en bateau jusqu’à l’ile du soleil où nous ferons notre première marche d’acclimatation sur une longue crête qui partage l’ile en deux. Tout au long de cette marche nous pouvons admirer la cordillère royale où nous nous rendrons bientôt.

 4 h de marche

 

J 5 : Copacabana - Ile de la lune - lac Khotia (4420m)

Traversée vers l’ile de la lune puis retour vers Copacabana avant de changer de véhicules pour se diriger vers les montagnes.

Arrivés sur les rives du lac Khotia, nous installons notre campement et décidons de partir marcher pour toujours s’acclimater, arrivés vers 4550m la même remarque « on marche trop vite ». Je décide donc de ne plus suivre le groupe les jours suivants, l’expérience que j’ai du Kilimandjaro me rappelle qu’il faut s’économiser pour durer et justement nous sommes ici pour trois semaines.

1 h de marche

 

J 6 : lac Khotia (4420m) - Paso Katarani (4800m) – Ajuani (4600m)

Départ pour notre première journée de marche dans les montagnes, le chemin s’élève doucement avant de remonter de manière plus abrupte jusqu’au Paso Katarani d’où nous pouvons admirer le Huayna Potosí (6088 m). Arrivés à cette altitude, nous sommes tous d’accord sur un point, nous sommes montés trop vite. Nous avons une vue splendide et apercevons le site où nous passerons la nuit, enfin, avant cela il faut redescendre de 1000m avant de remonter de l’autre côté de la vallée.

Nous avons une grande poche à eau dans le matériel collectif et nous monterons une petite douche de campagne avec auré. Douche fraîche mais quel plaisir. Repas et au lit, non au sac de couchage !!

4 h de marche



 

J 7 : Ajuani - Paso Janchallani (4860m) – 5015m- Paso Jirikhota (4900m) – Jirikhota (4700m)

Superbe étape avec le passage de deux cols, Janchallani et Jurikhota mais surtout le premier 5000m d’Auré, enfin 5015m plus exactement. Après ce sommet, une descente rapide nous mène au bord d’une lagune pour le repas. Nous rencontrons alors toute une communauté en plein travail, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes travaillent dans la bonne humeur. Je vais avec plaisir à leur rencontre, très sympathiques ils m’expliquent qu’ils construisent un barrage en terre afin de créer une retenue d’eau qui leur servira à arroser les récoltes pendant la saison sèche. Ils font cela chaque année.

Notre pause au soleil me donne mal à la tête et c’est dans une petite forme que je me lève pour continuer la marche.

Nous arrivons au bord d’un lac où Auré tente de me motiver pour se jeter à l’eau, il ira finalement seul, je suis frileux et je ne me soigne pas !    

4 h de marche


 


J 8 : Jirikhota (4700m) - Paso Apacheta (5300m) – Camp de base du Condoriri (4660m)

Départ tranquille pour une agréable ascension avec un passage plutôt délicat où le faux pas n’est pas permis, nous rangeons les bâtons pour nous agripper à la roche. Encore quelques mètres jusqu’au Paso Apacheta avant de redescendre. Arrivés sur le camp de base du Condoriri nous sommes rejoints par les deux guides de haute montagne qui nous suivrons lors des différentes ascensions. Un grand-père passe par là et m’enseigne l’art de la fronde ; bien sûr, je n’arrive pas à résister je lui en achète une, ainsi qu’un bonnet typique.

Vérification du matériel, formation des cordées (Al, O et P avec le guide H dans l’une A, ma pomme avec le guide M dans l’autre) et préparation des sacs pour le lendemain. Nous prenons le repas à
18h00 avant de nous glisser dans nos sacs de couchage.

5 h de marche

 

J 9 : Camp de base du Condoriri - Ascension du Tajira (5250m) – Ascension du Pequeno Alpamayo (5410m) – La Paz

Réveil à 02h00 pour un petit déjeuner et départ à 03h00. L’allure me semble bien rapide et A me le fait remarquer, je suis cependant le groupe car je me sens bien à l’aise. La marche de nuit à la frontale avec nos grosses chaussures et parmi les rocailles n’est pas des plus commodes. J’ai hâte d’arriver sur le glacier. Nous l’atteignons heureusement plus vite que prévu et nous formons les deux cordées. Je me sens vraiment à l’aise dans la première partie de l’ascension. Cependant de nombreux passages plus raides nous obligent à fournir de brefs efforts qui font monter les pulsations cardiaques.

Peu à peu nous arrivons sur le Tajira après avoir enlevé les crampons, car ce sommet est maintenant dépourvu de neige ; selon les guides cela fait 4 ans qu’il n’y en a plus.

Nous redescendons de l’autre côté de ce sommet avec une vue directe sur le Pequeno alpamayo et sa pente d’environ 50°.

On rechausse les crampons et nous voilà repartis, l’ascension est vraiment belle mais je m’essouffle rapidement et fais régulièrement des pauses. Aurélien a également a également besoin d’en faire , il faut dire que ni l’un ni l’autre nous plaignons des arrêts de la cordée !!! Peu à peu nous arrivons au sommet avec la joie de tous se retrouver là haut. Le vent souffle et M voit son chapeau s’envoler.

La descente du Pequeno Alpamayo se passe bien, ce qui arrive ensuite c’est la remontée du Tajira dans les rochers.  Cette montée bien difficile laissera une trace dans ma mémoire !! J’ai eu l’impression de faire une séance de fractionné. Ascension de quelques mètres avec obligation de faire une pause pour faire baisser les pulsations cardiaques et le rythme de ma respiration. Arrivé au sommet, je suis rassuré de voir que je ne suis pas le seul à avoir éprouvé des difficultés.

Redescente vers le camp de base à vive allure et après une pause nous prenons la route vers la capitale. 

 

 J 10 : La Paz

Journée libre à La Paz afin de reconditionner le matériel, laver le linge et se reposer.

 

J 11 : La Paz - Camp de base de l’Illimani (4500m)

Nous prenons la route pour rejoindre un petit village d’où commencera la marche qui nous mènera au camp de base de l’Illimani. La route, poussiéreuse, traverse de beaux paysages, nous ne sommes que moyennement rassurés, la piste longe de profondes vallées et rien ne viendrait s’opposer à une chute en cas de coup de volant. Arrivés au village de Unna, les enfants d’une école s’amusent autour des véhicules alors que nous débarquons le matériel et que les muletiers l’harnachent aux mules.

La marche qui suit monte progressivement, il n’en sera pas de même le lendemain.

   2 h de marche

 

J 12 : Camp de base de l’Illimani - Nido de condores (5500m)

Réveil tranquille, nous avons la journée pour effectuer ces 1000m de dénivelé. C’est au pas de tortue que je commence ma journée et la terminerais d’ailleurs, je ne veux surtout pas me fatiguer aux vues de ce qui nous attend le lendemain. Mes pulsations dépassent rarement les 100 battements par minute. J’arrive aisément au Nido de condores où nous sommes accueillis par des croix rappelant le nombre important d’accidents mortels qui ont eu lieu sur cette montagne.

Installation du camp et vient l’heure du thé dans la petite tente tipi où nous parlons matériel comme bien souvent. Combien de couches pour le haut (dessous thermique, softshell, gore tex…), combien de litres d’eau…

Nous constituons alors les sacs et je suis ravi d’avoir pour cette ascension à chausser les crampons dès la sortie de la tente. Vient ensuite l’heure du repas et le plongeon dans le sac de couchage, le réveil se fera à 01h00 et départ une heure plus tard. Dans la tente nous parlons de l’ascension avec A, je suis vraiment bien motivé et certain que tout va bien se passer.

 5 h de marche

 



 

J 13 : Ascension de l’Illimani (6439m)

La nuit se passe bien, merci mes boules quiés ! A aura été réveillé comme les autres du groupe par la chute de séracs. Alors que nous prenons le petit déjeuner se font entendre d’autres chutes de séracs dont le grondement n’est tout de même pas rassurant. Face à la montagne, des chutes ont lieu à notre gauche et notre droite, notre itinéraire doit passer au centre….

Nous démarrons l’ascension et je dois dire que je me sens vraiment bien, je n’éprouve pas de difficultés, juste l’essoufflement normal, rien à voir avec l’essoufflement du Pequeno Alpamayo. Chacun d’entre nous aura ressenti les diverses ascensions avec plus ou moins de fatigue, celle de l’Illimani aura été pour moi la moins éprouvante.  

Peu à peu nous approchons du sommet, les pentes sont raides, le vent souffle et nous nous rendons compte au lever du soleil que la visibilité est très limitée, nous sommes dans les nuages.

Arrivés au sommet nous regrettons de n’avoir aucune visibilité, aucun joli paysage en vue. Les conditions climatiques ne nous invitent pas à rester au sommet bien longtemps.

Alors que nous sommes dans la descente, les guides s’arrêtent et réfléchissent, il faut se rendre à l’évidence, avec cette visibilité limité à 10m et ce vent qui souffle nous ne retrouvons pas notre chemin. Ils nous demandent d’attendre un peu, ils vont essayer de retrouver la trace.

Je creuse des marches pour être plus stable et plus confortable que sur la pente ; marches qui, peu à peu, se transforment en trou dans lequel je pourrai m’asseoir et me protéger du vent avec mon sac à dos. Auré a fait de même et s’installe déjà quand les guides reviennent nous demandant de commencer à construire un abri collectif car il est impossible de retrouver notre chemin.     

Les histoires de montagnards (P en fait partie) ayant du passer la nuit dans un abri creusé dans la neige sont nombreuses mais je n’ai aucune envie de vivre cette expérience, personne d’ailleurs.

Je me lance de suite avec A et nos piolets à creuser la neige d’autant que le vent qui souffle me donne froid. Le trou que nous commençons à faire est petit et nous nous marchons un peu dessus. Quand l’espace nous semble suffisant nous décidons de nous y installer, il faudra l’agrandir et mieux le protéger si les nuages persistent. Je pose mon sac à dos sur la neige et m’assois dessus, j’ai Au contre une épaule et la neige contre l’autre. P, AL et O s’installent également du mieux possible. Je n’ai pas bien chaud mais je suis rassuré car mes moufles et mes chaussures possèdent de grandes qualités thermiques, en sachant que c’est souvent les pieds et les mains qui gèlent en premier.      

Je ne saurais dire exactement le temps que nous avions passé là quand Auré s’ecrit « Là, là !!! » en montrant du doigt, une zone qu’un nuage moins dense permettait de voir, nous apercevons avec plaisir la direction à prendre pour rejoindre le camp d’altitude. Aussitôt vue, aussitôt disparue, et disparue sûrement pour trois jours, c’est le temps que les nuages sont restés accrochés à l’Illimani. L’ascension d’un groupe que nous avons rencontré à notre retour au camp n’a pas pu se faire le lendemain.      

Nous sortons donc de notre trou et nous remettons en marche. Sur la descente, je décide de faire du free fly !!! Un de mes crampons s’accroche à la guêtre et voilà un roulé boulé qui aurait mérité d’être noté artistiquement parlant. Je suis heureux de voir Aur à plat ventre, le piolet bien planté pour retenir ma chute, en me relevant.

Nous arrivons au camp d’altitude où Véro, sûrement inquiète, nous accueille avec de grandes accolades et va nous chercher un maté coca pour nous réchauffer. Une heure pour se reconditionner, prendre une soupe et nous prenons le chemin du camp de base que nous rejoignons après deux heures de marche. P nous inquiète, il chute à de nombreuses reprises, ses pas manquent d’assurance et du sang coule de ses mains blessés lors d’une chute. Il s’arrête pour manger un morceau et nous dit s’être senti un peu faible sur l’ascension, manque d’énergie.

12 h de marche

 

J 14 : Camp de base de l’Illimani - Oruro

Réveil sous la neige, petit déjeuner et départ pour une petite marche qui nous mènera aux véhicules, de là, en route vers La Paz. Nous arrivons chez Oscar, le directeur de l’agence Colibri qui nous accueille avec Porto, apéro, vin rouge, bon plat et surtout grande amabilité. Route vers Oruro. 

 

J 15 : Oruro - Salar d’Uyuni

Longue piste jusqu’au salar d’Uyuni où nous arrivons en soirée, un des véhicules aura crevé un pneu deux fois. Nous arrivons à Jirira, village du bout du monde, situé au bord du salar et au pied du volcan Tunupa. Nous nous installons dans une auberge typique, charpente en cactus qui menace de s’envoler sous les rafales de vent, poêle en face duquel nous nous retrouvons, famille très sympathique, petit perroquet domestique. Un lieu simple, plein de charmes dans lequel nous nous sentons bien.

 

J 16 : Salar d’Uyuni - Salar de Coipasa – Sabaya

Découverte du salar, tôt le matin pour voir le lever du soleil, froid bien froid. Puis départ vers la petite ile de Lomo pescado. C’est tout simplement magnifique, les cactus pointent vers le ciel devant cette immensité blanche bordée de hauts volcans. Nous poursuivons ensuite vers le salar de Coipasa. Plus petit que celui d’Uyuni avec 2000 kilomètres carrés, ce salar se situe dans une région extrêmement sauvage et isolée limitrophe avec le Chili. Nous rejoignons ensuite Sabaya, ville étape.

J 17 : Sabaya – Sajama (4310 m) - Camp de Base du Sajama (4750m)

En route pour le dernier et le plus haut des sommets, nous nous arrêtons pour découvrir les chullpas de Macaya. Il s'agit d'édifices funéraires précolombiens de grande taille, en argile ou en pierre. Nous traversons de magnifiques paysages peuplés de lamas, vigognes, flamants roses …quelques villages déserts et, peu à peu, l’imposant volcan que nous tenterons de gravir dans deux jours grandit au fur et à mesure que nous avançons vers lui.

Arrivés au petit village de Sajama nous prenons un bon repas et partons marcher un peu avec Aur en attendant que les guides de haute montagne nous rejoignent. Séance photo avec le Sajama, le Parinacota et le Pomerape en arrière plan. Deux heures de marche jusqu’au camp de base après avoir chargé les mules de l’équipement collectif et de nos gros sacs.

2 h de marche

          

J 18 : Camp d’altitude du Sajama 5700

Plus de 1000m de dénivelé au programme, les guides nous mettent en garde sur la seconde partie de la montée. Nous partons donc lentement sur la première partie qui monte progressivement. A mi chemin la pente devient beaucoup plus raide et en haut sur la gauche une grande falaise de laquelle se détachent de gros blocs et dévalent la pente. Ces blocs en entraînent d’autres et je vois quelques gros rochers passer à grande vitesse à environ 25m d’où je me trouve. Je décide alors de grimper en m’éloignant au maximum de cette falaise. Je m’éloigne donc d’Auré qui suit le tracé des précédents et m’engage dans un pierrier bien raide, 1 mètre en avant 50cm en arrière. Cela demande quelques ressources physiques et je suis agréablement surpris de voir que je n’éprouve pas de problème particulier. En pleine forme, je reste cependant prudent car je n’ai guère envie de le payer lors de l’assaut final. Sur les pentes du Sajama nous apercevons deux petits points et arrivant au camp d’altitude une tente est installée. Le camp est très étroit nous devons creuser contre le flanc de la montagne pour trouver un emplacement suffisamment grand pour accueillir notre tente. Prudence sur ce camp, à quelques mètres derrière la tente le vide. Peu à peu nous nous inquiétons de ne pas voir les occupants de la tente revenir, c’est vers 17h00 qu’ils arriveront, deux guides de haute montagne chiliens, qui sont partis à 02h00 et se sont perdus.  Ils ont donc passé 15h00 sur ces pentes et il leur reste encore 4h00 pour redescendre au village.

Même scénario qu’au camp d’altitude de l’Illimani, thé, repos, repas, repos, réveil à 01h00!

Ph et Auré ne sont pas bien en forme, pour Ph cela dure depuis l’Illimani et Auré ressent des douleurs dans une jambe et au dos. Ils doutent et c’est bien normal, ambiance moyenne lors du repas du fait de voir nos deux amis ainsi.

4 h de marche

 

 

J 19 : Ascension du Sajama

Petit déjeuner vers 01h30 Ph n’a pas quitté la tente il ne sera pas de la partie, Aur prends la décision de ne pas tenter non plus l’ascension, la suite prouvera qu’il a eu raison. Nous partons donc à travers les rochers avec les guides, Ol et Al avec Hu et moi-même avec Mar. La pente est raide dès le début et j’ai hate de chausser les crampons. Lorsque nous les mettons au pied c’est pour une pente de plus de 50° qui grimpe jusqu’à une crête. Les pas doivent être précis car le vide est partout, passages de glace et de roche se succèdent avant d’arriver vers l’interminable pente qui nous mènera au sommet. Quand je demande au guide « C’est là bas le sommet ? » il me répond toujours « Oh non il en reste encore pas mal ». Moi qui ne regarde jamais ma montre lors des ascensions, je décide d’y jeter un œil 6350m, allez encore 200m, de nuit avec la frontale ça me parait bien long. Le soleil se lève et me redonne de l’énergie. Le vent souffle, je mets mon masque et aperçois l’autre cordée juste devant. Les micropauses font du bien, les gels énergétiques aussi. Le sommet est là, proche, la pente s’adoucit sur les derniers mètres, on y est….. le toit de la Bolivie où nous partageons notre joie avec de grandes accolades. Je comptais passer un peu de temps à prendre des photos et faire des vidéos mais le vent et le froid me font changer d’avis et nous repartons rapidement vers le camp d’altitude.

Je dois, lors de la descente, ralentir le pas car je suis pris de crampes à l’estomac. Passage sur la crête avec la plus grande prudence, à savoir que la plupart des accidents arrivent à la descente.

Arrivés au camp d’altitude nous sommes accueillis par Auré ; Phil est descendu vers le camp de base.

Avec les conditions que nous avons eues sur ces trois sommets nous sommes tous d’accord pour dire que le Sajama aura été plus technique que le Pequeno alpamayo et plus physique que l’Illimani.  

Le programme veut que nous dormions au village de Sajama mais nous faisons le forcing pour rejoindre La Paz, pouvoir nous reconditionner et profiter d’une journée paisible avant de prendre l’avion.

La route de nuit dure 4h et s’avère périlleuse. Je parle au chauffeur de peur qu’il ne s’endorme. Nous  arrivons finalement vers 23h00 et sommes au lit à 01h00 après une séance lessive douche.

11h de marche


J 20 : Journée libre à La Paz

Journée de reconditionnement, préparation des sacs et surtout excellent repas avec toute l’équipe dans un restaurant qui sert de la viande argentine !!!!!

J 21 : Avion du retour

 

Mes impressions

Je suis heureux d’avoir réussi l’ascension des trois sommets, mais pas seulement pour le défi physique ou technique, je suis surtout heureux d’avoir partagé cette aventure avec un très bon groupe.

Nous étions 5, ce qui me semble bien, chacun avec son caractère, ses particularités mais avec tous une envie, une motivation, un gout de l’effort et de l’aventure en commun.

Le personnel de Colibri était très bien aussi. Les guides de haute montagne ont tout mis en œuvre pour notre réussite.

 A suivre.... 


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